Projet éducatif du SATEF

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S A T E F
L E P R O J E T E D U C A T I F
Pourquoi la question d'un projet éducatif se pose-t-elle au SATEF ?
L'éducation en Algérie se porte mal. Profondément mal. Depuis plus d'une décennie, presse et personnalités nationales, institutions officielles et organismes internationaux font le même constat quant à la situation, catastrophique tant en amont qu'en aval, dans le fond comme dans la forme, de l'éducation et de l'école algériennes.
Des commissions de réformes se mettent en place et l'on parle déjà de seulement copier, par-ci, par-là, sur les modèles du monde : le bilan, déjà pressenti lourd, n'est pas établi ; la stabilité de l'emploi et l'amélioration des conditions d'enseignement sont loin de figurer au premier plan des préoccupations. Les débats de fond étant comme de coutume évacués à l'avantage des luttes de chapelles idéologiques, l'adaptation à la mondialisation risque de constituer l'unique référence consensuelle.
Il ne faut seulement pas ignorer que les ténors et maîtres de la mondialisation conçoivent l'éducation comme un vecteur stratégique de leur vision mondialiste. Stratégique, d'abord pour les pays industrialisés étant perçue -et étant garante- de la capacité permanente de ces pays à demeurer les maîtres du monde et de la mondialisation.
Stratégique aussi dans les pays sous-développés car, pour une multinationale, avoir une main-d'œuvre locale, abondante et à bon marché, est souhaitable pourvu que l'ouvrier du pays sous-développé sache au moins dire correctement ” good-morning ” à son patron et à remplir un questionnaire ou tout autre formulaire de service.
Tout ceci se produit à un moment où les travailleurs de l'éducation, comme du reste toute la société, avec des contenus analogues, reçoivent le message très paradoxal qui consiste à entraver les libertés syndicales tout en usant d'une phraséologie faussement sanctifiante sur la noblesse de l'enseignement et de l'éducation.
C'est à croire que la noblesse de l'éducation passe par une longue épreuve d'ascétisme et de résignation.
En fait, la mission de l'éducateur est sacralisée de manière à s'assurer la transmission de messages préparés à l'intention du potentiel producteur de richesses -pour les autres- qu'est l'enfant. Le SATEF juge que l'éducation est une affaire trop sérieuse et l'enseignant, et l'enseignante, et le syndicat, et la société entière ne doit plus se satisfaire de revendiquer une mèche de pain hypothétique.
Au vu de cette accumulation d'indices, le SATEF se demande s'il n'est pas opportun pour le messager qu'est l'enseignant d'ouvrir et de vérifier le contenu du message avant de le transmettre à l'innocence de l'enfant.
Le SATEF pense qu'il est temps en tout cas d'explorer les possibilités d'ennoblir soi-même sa profession en agissant pour améliorer les conditions d'enseignement et pour influer sur la finalité et la vie de l'école.
Le SATEF considère que l'enseignant ne peut et ne doit être ni le vaguemestre naïf d'instructions dont il ne comprend rien quant à l'orientation générale qui leurs est fixée, ni un sage famélique qui attend de voir les résultats de nouvelles expériences dont il est -tout comme l'enfant- le cobaye et le témoin impuissant et résigné.
C'est à l'école qu'Aujourd'hui se subit. C'est à l'école que Demain se fait.
Mieux vaut que ceci se passe au vu et au su de tous et de toutes. Se faire une opinion et l'exprimer est, maintenant plus que jamais, un acte salutaire pour la mémoire, pour les générations présentes et à venir.
Dont acte.
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Introduction.
L’éducation n’est pas l’affaire de l’école seule : toute la société est concernée parce qu’engagée par cette œuvre d’aller de l’avant ensemble ; de participer à l’évolution de l’humanité en élevant son fond propre ; de former physiquement, civilement et qualitativement ces jeunes membres appelés à jouer pleinement leur rôle de citoyens, de jouir de l’exercice de leur citoyenneté à tout égard et à prendre la relève.
Que ce soit chez ses parents, auprès de son enseignant et/ou auprès de son formateur, devant son écran de télévision ou surfant sur les autoroutes virtuelles de la communication, au sein de l’association de son village ou du centre culturel ou de jeunesse de sa ville, partout l’enfant doit avoir le droit de saisir un lien, une complémentarité et une cohérence dans ce qu’il apprend, partout il doit pouvoir élaborer, améliorer les contrats passés et à passer avec les groupes au sein desquels il est appelé à évoluer dans l’acceptation et l’enrichissement affectif et cognitif mutuels.
L’éducation –et l’école- en Algérie est, de ce fait, appelée à être restituée à l’histoire, à l’identité et à l’évolution sociales véritables afin d’être mieux pensée. C’est seulement une fois débarrassée des rapports profondément conflictuels qu’elle entretient –bien malgré elle- avec la conscience collective qu’elle pourra fonctionner en tant qu’institution nationale au sens plein et concret du terme, qu’elle pourra s’inscrire véritablement dans les mœurs sociales, c’est à dire dans la trajectoire de l’évolution et des aspirations légitimes de la société, et qu’elle s’affirmera comme moteur du développement humain et national, démarrant de la réalité sociale constitutive, assumant les exigences de la modernité et s’amarrant à l’humanité universelle.
Elle est appelée à constituer l’institution stratégique de l’Etat de droit, moderne, démocratique, républicain et social, peuplé de citoyens et à le refléter. Elle est appelée à assumer sa pleine responsabilité dans l’œuvre du développement humain et social.
Fort de ce point de vue, le SATEF se sent naturellement engagé à défendre une école publique, algérienne, de qualité, dont le présent projet développe les contours et orientations générales appelées à être soutenues par des propositions réalisables sur les plan de l’économie en adéquation avec l’exigence éducative, de la confection de cartes scolaires alternatives et autres aspects.
Genèse de l’éducation dans la société.
Il est essentiel, à parler convenablement de l’éducation et de l’école algériennes, de retracer l’évolution, la nature, la forme, le contenu, les supports, les objectifs ainsi que les éventuels concepts ou expressions d’époque qualifiant ces institutions sociales qui accompagnent l’évolution de la société algérienne depuis bien avant la colonisation. On peut distinguer au moins trois étapes de l’évolution de l’éducation dans la société algérienne :
L’éducation traditionnelle.
Les vestiges d’une éducation sociale intégrée au système de valeurs traditionnelles, fait de prédominance du groupe sur l’individu, de préparation de l’individu aux charges privées et communautaires de sa vie adulte, d’honneur, de dignité et de partage sont parvenues jusqu’aux générations de l’indépendance. Celles-ci sont peut-être les dernières, en dehors des références écrites, à pouvoir témoigner que, tout orale qu’elle pouvait être, les transmissions ancestrales de toutes sortes aux jeunes générations, et l’éducation dans son sens le plus général de l’enfant, étaient prises en charge solidairement et quotidiennement par tout un village.
Cette éducation, tout diminutif que puisse apparaître aujourd’hui son caractère grégaire, n’empêchait pas l’émergence d’une élite sociale dans bien des domaines allant de l’art culinaires aux fonctions quasiment royales, en passant par les réalisations littéraires, etc.
A coté de cette élite sociale, se formait une élite plus ou moins savante, lettrée, formée dans les écoles religieuses (medersas, maamrat, zaouiat) qui bénéficiaient d’un statut différent par rapport aux masses sociales d’antan.
L’éducation sous le colonialisme.
Le colonialisme, lorsqu’il revêtait sa tunique de civilisateur, avait produit une politique éducative multiple et changeante qu’il mettait en œuvre par notamment : • une politique ambiguë envers les écoles religieuses, dites traditionnelles. • l’introduction de “son ” école. La politique coloniale de l’éducation n’a pas seulement perverti les rapports lui préexistants entre l’éducation sociale orale et l’éducation religieuse lettrée (il faut d’ailleurs ne pas perdre de vue l’éducation sociale lettrée chez les Berbères Touaregs) en déstructurant l’une et en décrédibilisant l’autre jusqu’à la contraindre à l’hermétisme, mais a installé dans la conscience collective les germes de l’échec du projet scolaire en instituant une éducation séparée au sein de l’école (loi de 1909), préparant l’enfant “indigène” à ses nouvelles tâches de colonisé, de futur subalterne de l’enfant “européen “.
L’éducation depuis l’indépendance.
Cette évolution bouleversée de la notion de l’éducation et de l’école au sein de la société algérienne aurait constitué à lui seul un obstacle sérieux à la “démocratisation de l’enseignement “, telle qu’officiellement prônée et proclamée pendant longtemps. Au sortir d’une guerre victorieuse contre la présence coloniale mais quelque peu sevrée de sa révolution pour un Etat moderne et de droit, pour une République démocratique et sociale, la population développait une réaction ambivalente, entre recherche et rejet, intelligible au vu des conduites sociales (enseignement du garçon – non-enseignement de la fille) et des comportements (rituels des premiers jours et du jour de l’examen d’une part, parents retirant leur enfant de classe pour la moindre tâche ménagère d’autre part).
Ces attitudes, qui ont semblé pendant un certain en voie de disparition, réapparaissent pendant ces dernières années comme réapparaissent certaines maladies réputées elles aussi d’un autre âge.
Il est vrai que l’école n’a jamais été socialisée et, pour cause, elle n’est pas fondée, et l’éducation en général, sur cette base et dans cette optique.
En effet, disposant de moyens humains, matériels et financiers somme toute dérisoires face à la complexité et à l’immensité de la tâche, le pays, précocement pris en otage entre un modèle économique parasitaire et un système dirigeant totalitaire, a vu le développement d’une éducation nationale invalide et invalidante.
a- à l’école.
Celle-ci a pris sur elle, en plus de sa perception, en tant que structure inhabituelle, presque intruse, par l’imaginaire collectif d’une société largement illettrée, et en plus de l’insuffisance de son potentiel infrastructurel, budgétaires et suprastructurel, de mettre la société “au ban ” de l’école et de l’individu : • Sacralisation de l’école et de sa doctrine fondatrice, immuable depuis 1965, indissociées et livrées comme une vérité constante, nationale et nationaliste à ne pas critiquer. La conception selon laquelle l’écolier se limite à la traversée (tant bien que mal) de quelques paliers ou cycles scolaires enfermés dans des bâtisses qui fonctionnent en vase clos est, quel qu’en soit la qualité de l’enseignement, une conception réductrice, surannée, voire dangereuse pour l’individu et, à terme, pour la société. • Considération de l’enfant algérien parlant sa langue maternelle, c’est à dire l’une des langues populaires en présence, comme un inadapté mental, systématiquement, de par la méthodologie mise en œuvre ; d’où un objectif spécifique et néanmoins axial assigné à l’école, savoir la réadaptation de l’enfant par l’apprentissage des langues scolaires : l’arabe classique et les langues européennes. “La langue du dialogue (1) est exclusivement employée. La langue de la description et de la narration est volontairement écartée” (2). Cette conception mène à tirer des conclusions fort peu réjouissantes mais qui tentent les élaborations psychiques et les constructions logiques même de l’enfant :
• - Si tu as accompli ton parcours scolaire, tu auras tout appris ». • - La vérité est dans l’école, tout le reste est vicié et vicieux ». • - Le “dehors ” est sous le règne de la loi de la jungle et de l’agitation. Il est attentatoire ». • - L’ordre et la sécurité sont dans les conduites scolaires. Méfie-toi de ce qui n’est pas école », etc. Ayant passé par ce moule, une foule de diplômés supérieurs –à qui les diplômes ne sont parfois remis que plusieurs années après leur sortie- se réfugient dans des tours d’ivoire élitistes ou se livrent à une auto - marginalisation par repli sur soi.
Aliénation et mutilation sont le résultat plus que probable de cette conception.
Une scolarité orientée par de pareilles instructions, si elle est débilisante, “corrective ” et coercitive pour un enfant d’un milieu familial disposant de connaissances lexicales suffisamment proches de la langue arabe classique enseignée, devient déshumanisante pour les enfants issus d’un autre milieu familial ignorant cette langue. En changeant un petit peu d’angle de vue, il en est de même de la deuxième langue enseignée, langue d’acquisition de la technologie pour que le français prenne la part de sacralité qui lui échoit. Cette sacralité multiple a réussi “le pari” d’installer durablement la diversion à travers la chamaille entre “arabisants ” et “francisants ” et de reléguer au tout dernier plan les débats de fond, tant ceux touchant à l’école que ceux ayant trait à la politique linguistique du pays.
Les ingrédients pour les ruptures entre générations et intercommunautaires, ainsi que pour l’échange ambiant d’excommunications sont ainsi mis en place ; les moyens disponibles de l’Etat sont mobilisés pour leur garantir une opérationnalité maximale à partir de l’école primaire.
L’instruction ci-dessus citée n’est pas la seule et les dégâts qu’une telle idéologie a entraînés et génère encore sont incalculables.
b- dans les autres institutions éducationnelles.
Celles-ci, qu’elles soient de formation, d’information, de communication, de socialisation ou de… répression de tout esprit qui aurait résisté bruyamment à ce processus de mise en condition, prennent le relais de l’école, “chacune en ce qui la concerne”, dans l’œuvre nationale mythique de déstructuration – restructuration à l’échelle tant individuelle que collective.
En effet, à l’offre d’éducation faite à l’enfance arbitrairement considérée comme inadaptée, suit en parfaite logique l’effort de rééducation des masses populaires (plus d’une fois déclarées immatures à la citoyenneté) si l’on regarde certains phénomènes établis : • sacralisation de l’Etat et, pendant longtemps, de son porte-voix idéologique : le parti unique, puis de son idéologie formellement nationaliste ; • mainmise totale sur les canaux de diffusion de la culture et de l’information ; • unicité de la langue du discours et de l’administration, à savoir l’arabe classique officiel, incomprise de la majorité des masses populaires ;
• contrôle et mise au pas de toutes les organisations de la société civile, dites de masses, et persécution de tout cadre collectif autonome, etc. Cette conception du rôle de l’éducation fait que l’éducation soit perçue comme participant de deux démarches dont l’une est aussi nuisible que l’autre : • une éducation de structure formelle, intelligible mais parcellaire et restreinte à l’école ; • une éducation insaisissable constituée d’institutions éducatives, socio-éducatives et culturelles conçues dans la bouderie ou dans la méconnaissance les unes des autres. Dans cette démarche, le mécanisme moteur et le rendement collectif sont régis et gérés par une volonté qui ne se prononce pas ou, ce qui est dramatique, par le hasard. Dramatique, dans la mesure où, déjà, aucune garantie ne peut être obtenue que le hasard “fasse bien les choses “. Le même hasard supposé se retrouve dans l’évolution de la démographie, de l’urbanisation, de l’exode rural, etc., pendant que l’évolution mondiale et les événements internes ont imposé un certain aménagement politique –d’ailleurs plus tactique que stratégique et parfois qualifié de récréation qu’une violence inouïe menace en permanence – et que de nouveaux besoins apparaissent dont la satisfaction dépend plus du PAS que de la volonté publique ; pendant que la mondialisation économique mais aussi l’universalité rend indispensable la révolution dans les politiques de l’éducation et de la formation ; pendant que le pays est, à plus d’un égard, dans l’impasse.
Asservir l’éducation à de pareilles conceptions est irrationnel, illogique, calamiteux. Résister à cet ensemble de conditions faites à l’éducation relève de la légitime défense et du salut public. Il est impératif d’établir un diagnostic exhaustif de la situation de l’éducation, en le mettant à la disposition du large public et en sensibilisant quant à ses tenants et aboutissants. Ceci servira pour la formation de l’éducateur ainsi qu’une opinion publique avisée sur la question de l’éducation. Il faut proposer des modes de redressement ponctuels à la portée de tous afin que la capacité critique de l'éducateur puisse évoluer en esprit d’initiative en vue de la modification positive au quotidien du produit enseigné. Il devient inévitable d’élaborer un projet éducatif qui puisse constituer une alternative aux orientations générales faites à l’éducation. Il faut enfin fédérer les énergies les capacités en vue de les adapter et amener les autorités concernées à mettre au point une économie de l’éducation en mesure de permettre sa réalisation.
La nouvelle éducation
Soucieux des conditions de travail de l’éducateur et de la noblesse de sa mission, conscient de ses responsabilités en tant qu’acteur social autonome, le SATEF ne peut qu’exiger la refondation totale de la politique éducative en Algérie sur les bases du respect de tous les droits de la personne humaine et des collectivités ainsi que du patrimoine de celles-ci, inaliénable dans l’essence, ouverte à l’évolution et au progrès et s’inscrivant dans l’universalité. Le SATEF considère de ce fait que la refonte du système éducatif en général et de l’école en particulier est une œuvre salutaire et vitale tant pour l’avenir de ces secteur et institutions que pour l’épanouissement citoyen et, allant, pour le développement national dans son ensemble.
Une éducation, pensée pour être à même de renforcer la compétence de l’individu et, partant, de la société à faire constamment usage de son instruction et à étendre ses connaissances en les approfondissant, est une éducation apte à constituer un moteur au développement global, à asseoir une économie nationale riche de toutes ses capacités concurrentielle, apte à pénétrer en toute assurance le marché mondial.
Une telle éducation répond, en outre, à deux principales demandes indissociables : individuelle et sociale. Car à la demande individuelle d’éducation pensée comme garantie d’intégration et de projection dans l’avenir (en limitant les risques du chômage, en facilitant la conversion professionnelle, en réduisant les inégalités) répond la demande sociale ressentie comme une garantie de cohésion sociale, de stabilité, de solidarité et de paix.
Si l’éducation est sensée jouer ce rôle et répondre à ces demandes, il est alors certain que tout calquage sur un modèle étranger ou récupéré du domaine public –universel-, aussi performant peut-il être ou généreuse peut être la philosophie qui le sous-tend, porte en lui la prédisposition à l’échec dans le contexte proprement algérien.
Penser l’éducation en adéquation avec la société, réelle et en mouvement, et pour la réalisation de ses aspirations, est la condition sine qua non de la pertinence de toute projection éducative.
Concevoir une éducation qui participe du développement général engage à embrasser ce secteur autant dans son sens institutionnel axial clairement défini, que dans son sens environnemental, prévisible et intelligible dans l’interaction et l’influence réciproque entre divers secteurs d’activité de l’Etat, dans les relations qui prévalent entre celui-ci et la société et dans les diverses manifestations autonomes de la volonté et de la dynamique sociales (société civile, etc.).
L’éducation doit bénéficier autant aux individus qu’aux groupes en présence et ne saurait être conditionnée par aucun préalable exclusif ou ségrégationniste de quelque ordre ou nature qu’il soit.
L’éducation a pour objectif de favoriser la complémentarité entre institutions, secteurs et structures, de promouvoir la cohésion et la paix –non seulement civile – sociale, de permettre la relance du développement ainsi que la protection de l’environnement dans ses différents registres et aspects. Elle constitue une base de départ pour l’émancipation de la société ainsi que pour son implication dans la réalisation optimale des programmes nationaux conçus pour elle, ce qui indiquera indubitablement le recouvrement de la citoyenneté de la base au sommet de l’Etat, de même que la situation de la nation et du peuple et l’état de leur souveraineté. Aussi, les moyens publics de communication, d’information et de diffusion, y compris les nouvelles sciences et technologies en la matière, des connaissances et de la prise de conscience doivent nécessairement être accessibles à tous et participer de la vision la plus large de l’intérêt public et du développement humain au service desquels ils doivent être mis.
Les structures culturelles, socioculturelles et socio-éducatives doivent être rouvertes lorsqu’elles sont fermées. Elles doivent être multipliées, renforcées et accessibles à tous, partout. Elles doivent être dotées de budgets, de moyens à même de développer leur productivité (en biens culturels, matériels et immatériels, s’entend) et leur autonomie financière relative. Il va sans dire que leur personnel d’encadrement est tenu d’être compétent, performant et apte à respecter l’intégrité et la mission assignée à tous les partenaires sociaux, économiques et autres (ou à celles que ceux-ci s’assignent d’eux-mêmes, dans le cas des acteurs autonomes) dans une réciprocité totale.
Les possibilités de s’instruire et de se former en permanence doivent être multipliées, développées et performantes à tout point de vue afin que le citoyen puisse améliorer sa condition et sa capacité de participation à la vie de la cité. Des passerelles entre divers secteurs, structures et dispositifs doivent être sans cesse explorées et établies.
La protection, la sauvegarde et la mobilisation, de toutes les possibilités dont le patrimoine regorge, au bénéfice de cette conception de l’éducation, doivent aller avec l’ouverture sur le monde par les échanges, le partenariat et avec un intérêt à l’universalité.
Le spectre des exclusions, du chômage, de la carrière vécue comme un calvaire et du phénomène ville morte un jour sur sept doit maintenant s’éloigner.
La nouvelle école publique.
Aperçu sur le quotidien de l’école algérienne en l’an 2001. (L’école du bout du monde) L’école algérienne est en passe de devenir sordide par manque d’entretien (réarrangement divers) lorsqu’elle n’est pas branlante. Elle est contrainte (même lorsque cela n’est pas prévu) de dispenser la théorie avant -mais parfois aussi sans- l’expérience scientifique. Il arrive aussi que l’enseignement ne dispose plus que de sa voix comme support de communication par manque de craie ou de tableau.
Pire encore, il est courant que l’écolier reçoive, sur un quelconque sujet, deux informations contradictoires au cours d’une même journée scolaire. L’incohérence des programmes (d’une matière à une autre, d’un niveau à un autre, d’un palier à un autre) contracte une alliance infernale avec la méthodologie suivie.
Il est tout aussi courant de voir un enseignant venir en classe, angoissé de n’avoir pu acheter un cahier que son fils a demandé la veille (alors qu’il aurait pu renvoyer l’un de ses élèves pour un motif similaire) ou qu’il vienne malgré sa grippe tandis que le salaire semble tarder à être versé.
La violence, qu’elle soit celle des acteurs au sein de l’école, qu’elle soit insécurité “banale” à l’extérieur ou qu’elle soit le fait de la terreur, achève de vicier les liens humains et de couper l’école de son environnement immédiat et du monde.
La situation actuelle de l’école algérienne n’est pas une malédiction céleste. Elle doit être surmontée et dépassée, et vite.
L’école peut sortir du sinistre pour peu que la volonté politique se décide et fasse prévaloir l’état de droit ; que la pression sociale prenne corps et voix ; que les moyens humains qualifiés et économiques nécessaires soient mis en œuvre pour cette fin : réhabiliter l’école publique algérienne.
Le SATEF déclare plus que jamais s'engager à lutter pour une totale conscience de l’importance stratégique de l’école, pour une nouvelle conception de l’école publique, pour LA nouvelle école publique de qualité pour toutes et tous.
Fondements de la nouvelle école publique.
• L’école publique algérienne doit prendre un soin égal des éléments de l’algérianité comme identité plurielle et indivisible. Elle doit être neutre vis à vis des différences d’appartenance, d’apparence, et de condition sociale sans toutefois que cela n’institue l’indifférence. • L’école algérienne doit intéresser aux patrimoines de la nation et de l’humanité ainsi qu’aux projections collectives d’avenir. • L’école algérienne doit être également performante, rationnelle et de qualité pour toutes et tous. • L’école publique algérienne doit avoir pour vocation la préparation à la citoyenneté. De ce fait, l’accès à l’école doit être garanti et gratuit pour tout individu vivant sur le sol algérien. • L’école publique algérienne doit se soucier de faire partie de son environnement et de participer à l’universalité. • L’école publique algérienne doit fonctionner en tant que creuset de tout développement économique et humain. • L’école publique algérienne doit élever, éduquer et former en luttant contre toute cause de traumatisme et en la prémunissant contre tout mécanisme d’aliénation de l’apprenant.
L’espace scolaire de la nouvelle école publique
De même la famille élargie est considérée comme la cellule de base des sociétés maghrébines en général et de la société algérienne traditionnelle en particulier, de même l’école publique algérienne peut et doit acquérir pleinement cette fonction de cellule de base de l’état de droit et de la république.
Si l’état ne s’érige pas en face et contre la société, s’il ne lui tourne pas le dos, et si la société évolue vers la citoyenneté et l’émancipation tout en étant jalouse de ses valeurs ancestrales positives et de ses repères historiques et culturels, l’école publique algérienne est le seul lieu capable de refléter et d’établir clairement et progressivement une telle évolution.
Aussi chaque aspect relatif à l’espace scolaire doit-il être constamment l’objet de soins particuliers, d’évaluation, de suivi et d’améliorations.
L’infrastructure
Dessiner une maison pour un apprenant algérien est un “jeu d’enfant” : la porte, la fenêtre, la cheminée, la toiture, la voiture accessoirement et toujours l’environnement, rien n’est omis même lorsqu’il n’a pas l’occasion d’en voir souvent dans les centres urbains. Mais qu’on lui demande seulement de dessiner une école, et il trace une échelle pleine de trous, posée à l’horizontale, à laquelle une autre vient parfois se superposer.
C’est qu’il y va comme quelqu’un qui est pressé de la quitter. Et les raisons ne manquent pas : la vétusté, la banalité, la laideur, et la bizarrerie qualifient la majorité des infrastructures scolaires algériennes.
D’avoir ignoré les normes et la spécificité pédagogiques de la construction scolaire, on ne la diffamerait pas trop en accusant l’école d’avoir concouru à la dévastation de l’environnement urbain et provoqué l’excroissance hideuse de cités bidonvilles, par le mode de construction qui en est proposé aux sens de ses hôtes de plusieurs années.
C’est que, en dehors des bâtiments usés par le temps, la conception du bâtiment scolaire semble prêter à des bras de force entre partisans de ‘’Sinnemar’’ et ‘’Le Corbusier’’. Le plan étant souvent “coupé en deux”, le bâtiment “neutre” prend le dessus et on assiste en conséquence à la prolifération d’écoles banalisées, réduites à des dominos juxtaposés qui ne sont pas loin de rejoindre dans la mémoire collective camps de casernement, de concentration ou de regroupement de l’époque coloniale. A l’avenir, l’infrastructure scolaire doit être un souci des différents acteurs de l’éducation car elle doit être conçue de façon à : • respecter les normes du bâtiment ; • être reconnaissable en tant que bien public et en tant qu’école publique algérienne précisément ;
• prendre en considération les données climatiques et géologiques du terrain à bâtir ; • adopter une architecture neutre, pour dire une architecture qui s’inspire du patrimoine architectural de son environnement culturel immédiat ; • introduire des notions d’art de manière à favoriser l’orientation, la mobilité, la gestion de l’espace total, le sens des proportions, des formes, de la perspective et d’ouverture spatiale chez l’enfant, selon les paliers considérés. Que l’élève s’adapte à l’école est bon, encore faut-il que celle-ci soit accueillante et que, lui, l’adopte. • ne pas négliger les paramètres d’hygiène interne et externe, d’alimentation, de communication et de sécurité (entretien, pollution, services, isolement). • Faire ressortir la vocation des constructions d’accompagnement : dortoirs, cantines, foyer, bibliothèque, gymnase, préau, administration, halls, amphithéâtre, toilettes, etc. • Venir à bout du surpeuplement de l’école en bâtissant tant en ville qu’à la campagne.
L’équipement
Courir dans la ville à la recherche d’une Ronéo, chercher l’enseignant véhiculé pour évacuer un(e) élève malade à l’hôpital, rêver de faire une démonstration filmée sur un thème sans le pouvoir, grelotter de froid, étouffer de chaleur et avoir soif multiplie plusieurs fois les causes des contre-performances et de la désaffection de l’école. La rigueur dans la gestion est une nécessité de service. Mais équiper l’école publique algérienne de moyens généraux, en allant de la chaise jusqu’à la connexion à l’Internet en passant par les médicaments de première nécessité ne l’est pas moins : c’est souvent à l’école que l’apprenant touche pour la première fois à des dizaines d’objets. C’est à l’école qu’il acquerra la maîtrise de leurs mécanismes, de leur maintenance et de leur utilisation.
Les ressources
Le budget du secteur éducatif doit évoluer en fonction des besoins mais surtout en fonction des attentes placées en l’école par l’Etat et par
la Nation.
L’école publique algérienne doit cesser de justifier sa misère par la situation “d’endettés congénitaux” faite aux enfants. L’Etat de droit est tenu d’entretenir les meilleures conditions pour le développement physique, mental et professionnel de ceux qui seront appelés à le maintenir, le consolider et le défendre de leur vie.
L’école publique algérienne doit être pensée de façon à préserver- toutes les chances de vivre leur enfance puis leur adolescence et leur jeunesse- ceux dont elle a la charge. L’espace-temps ludique et familial ne doit pas échapper lors de la planification de l’école.
L’école publique algérienne doit aussi participer par toutes ses ressources au développement de son milieu. Son environnement social et institutionnel doit, pour sa part, être au fait des besoins et aspirations de l’école et contribuer à l’accomplissement de sa mission.
Les programmes
L’école ne peut remplacer la famille quand bien même elle doit favoriser le développement de sa personnalité, de son intelligence et de son aptitude à vivre en groupe, à vivre parmi les groupes. L’enseignant et l’enseignante, de même que le personnel auxiliaire ne peut remplacer le père et la mère quand bien même l’affection et l’humanité devraient aller de concours avec leur intellectualité.
L’expérience collective de peur, si ce n’est de l’horreur, et de pauvreté, si ce n’est de misère, et la venue à l’école de nouvelles catégories d’enseignants qui ignorent, pour une raison ou pour une autre, le conditionnement doctrinal, laisse observer qu’aller au-delà de la stricte distribution des préceptes magistraux et disciplinaires entre le couple enseignant et enseigné est possible.
Le SATEF se défend d’acclamer ou d’exploiter la condition socio-scolaire faite aux principaux acteurs de l’école, conditions particulièrement désastreuses depuis quelques années, ni, pour lui, d’élaborer sa vision de l’éducation sur la base d’épiphénomènes ou d’éphémérides.
Il y a é méditer, en passant, ces liens : ils semblent tissés de manière spontanée mais de plus en plus forts, tendant à rassurer, à maintenir le groupe et à favoriser l’écoute, ne sont pas caractéristiques des conditions extrêmes, d’où leur intérêt ; la violence –sociologues et psychanalystes s’accordent sur ce point- ne favorisent en rien la vie en groupe, pas même à l’école ni en famille.
La nature de ces liens, observables en l’état, montre simplement qu’il serait tout à fait pratique, au demeurant bénéfique, d’évoluer vers une école qui verrait l’enseignant faciliter la progression de l’enfant et la participation active de celui-ci, sans risque de quelque rupture que ce soit.
Tous les moyens, de quelque ordre qu’ils soient, doivent être réunis pour une scolarité normale et performante.
Objectifs et méthodologie :
Le rendement des conceptions actuelles doit être évalué dans le menu détail puis résolument et définitivement retirées de l’école publique algérienne. Un chantier académique doit très rapidement être lancé pour l’étude détaillée, rigoureuse et méthodique de tout le patrimoine matériel et immatériel, oral, culturel et linguistique, qui forge la société algérienne et lui donne sens.
Les travaux probes qui en seront issus doivent être diffusés et exploités dans le sens d’inscrire l’apprenant dans une continuité spatio-temporelle, affective et cognitive.
La mission de l’école publique algérienne est d’accompagner, de faciliter et de favoriser le développement de la personnalité, de l’intelligence, de l’affectivité et de la sociabilité de l’enfant.
L’école publique algérienne ne doit ni ignorer, ni réprimer les prédispositions naturelles de l’enfant à l’acquisition, ni ses acquisitions au sein de son milieu (familial et social), quand même elle est appelée à opérer des modifications sur les attitudes de l’enfant dans le sens constant d’une meilleure intériorisation, d’une utilisation adéquate.
Elle doit entretenir la curiosité, le questionnement, le goût de l’exploration et de la confrontation (vérification) avec la réalité.
La méthodologie suivie dans toutes les matières enseignées et à tous les niveaux doit tendre à préparer progressivement, tout au long du cursus scolaire, selon les acquisitions et l’âge de l’élève, l’adulte prêt à exercer tous les attributs liés à la citoyenneté : conscient, éveillé, membre actif de la société et de l’état de droit. C’est ainsi seulement que l’école publique algérienne cessera d’importer l’échec, l’aliénation et d’investir dans la désolation mentale, morale, sociale et cognitive. C’est à partir de là que les objectifs institutionnels de l’école, devenus réalistes et publics, recueilleront l’adhésion de tous et seront réalisés.
C’est alors seulement qu’elle acquerra ses lettres de noblesses en tant que formatrice de valeureux citoyens de
la République algérienne, démocratique, populaire et sociale et de valeureux membres de l’humanité universelle.
Contenus
Déposséder l’enfant algérien de sa culture, de sa langue maternelle, de ses connaissances acquises avant l’école pour reprendre tout, comme s’il venait de naître, est un acte monstrueux, absolument condamnable.
Ne lui rien apprendre pour ne rien faire qui l’inciterait un jour à se pencher sur le fait que ses parents ont livré une guerre inscrite dans la mémoire collective à l’échelle de l’humanité entière pour qu’il vive en indépendant, en tant que citoyen de
la République algérienne démocratique et sociale, est lamentable.
Lui cacher l’histoire pluri-millénaire de son pays, et lui parler de mythes de plusieurs autres nations en les lui présentant comme modèles, et en les lui imposant comme repères culturels exhaustifs est un détournement de mineurs à l’échelle de l’histoire.
Ressasser des notions connues, fragmenter des connaissances, les exposer à la contradiction au sein même de la classe mais aussi avec la réalité doit regagner les archives de l’insolite pour y être enfermé. Les contenus doivent, entre outre, favoriser l’éducation à la santé, à la protection de l’environnement, à la culture de la paix et de la tolérance, aux droits de la personne humaine. L’ouverture sur les langues doit être effective et se fixer l’objectif d’accroître les chances de l’apprenant à multiplier les possibilités d’accès au savoir et aux aptitudes diverses, en renforçant en lui les valeurs humaines universelles.
Evaluation
Au vu de la méthodologie paradoxale de “réadaptation” d’enfants normaux à laquelle est soumis l’écolier algérien, sans doute par la loi coloniale de 1909 mais surtout par les instructions “nationales” de 1965, et au vu du caractère obsolète, anarchique et incohérent généralisé des programmes, le SATEF se pose la question de savoir si l’absence de toute pratique évaluative “(déclaration d’un ministre) (1) depuis l’indépendance a été accidentelle.
Le système éducatif algérien est-t-il été sciemment lâché (nous sommes en 2001) sur la personne scolarisée de manière incontournable ?
L’inexistence de l’évaluation jusqu’à ce jour est, au-delà d’exprimer un simple sentiment d’irritation, un motif de honte profonde. De ces hontes qui surviennent lors d’événements traumatisants qui menacent l’intégrité morale et les repères personnels d’orientation dans la vie. L’évaluation dans l’éducation est un mécanisme à installer de toute urgence. La création d’institutions et d’organismes publics chargés de cette mission doit immédiatement commencer. Leur probité, leur transparence et leur ouverture (information, coopération, collaboration) aux chercheurs indépendants, aux organismes autonomes issus de la société civile doivent être garanties. Leurs conclusions périodiques doivent être rendues publiques.
L’évaluation ne doit pas se limiter, en s’alignant sur la loi du marché, au seul rendement lors des examens inter - paliers. Elle doit suivre l’enfant tout au long de son cursus et doit aussi concerner tous les autres aspects de la vie scolaire : santé, évolution scolaire, l’adéquation des programmes et des méthodologies, études relationnelles diverses, etc.
Orientation et cursus
L’évolution scolaire de l’apprenant doit faire l’objet d’un suivi et d’une évaluation constante et continue. Ses aptitudes doivent être de plus en plus encouragées à sa prononcer afin de le préparer à distinguer sa voie universitaire ou professionnelle dès le lycée, tout en l’encourageant, en l’incitant à diversifier ses domaines d’intérêts et l’acquisition d’une culture générale et citoyenne.
La cohérence inter – disciplinaire et inter – palier des programmes, leur performance et leur adéquation à la société et à l’évolution optimale de celle-ci, sont éminemment importants pour un cursus réussi.
Renouvellement des programmes
Une véritable éthique éducative d’essence démocratique et sociale doit présider aux choix des thèmes abordés, de leur hiérarchisation, de leur présentation et de leur traitement. L’évaluation constante du rendement des contenus auprès de tous les acteurs de l’éducation, principalement ceux de l’école, ainsi que de l’évolution des recherches et des découvertes à l’échelle du monde doit être déterminante dans le renouvellement opportun des programmes et de leur contenu.
La condition des acteurs de l’école
Les acteurs de l’école sont d’abord des citoyens de
la République algérienne, démocratique et sociale. Son personnel pédagogique et d’encadrement est ensuite naturellement des fonctionnaires de l’Etat de droit.
Cette première condition doit nécessairement être quotidiennement et en tout lieu vécue et garantie.
La condition du personnel pédagogique
L’éducateur est, au sein de l’école, en charge d’une mission dont la portée et l’importance sont de mieux en mieux universellement soulignées et affinées. Sa mission requiert disponibilité, compétence et dévouement.
De par l’idéal qu’il porte, de par la conscience et les qualifications qu’il acquiert dans l’exercice de ses fonctions, son implication dans l’ensemble des aspects de la vie sociale est souhaitée, sollicitée, voire exigée.
Son statut, ses aptitudes et son rôle se diversifient et s’accentuent sans cesse. Il doit avoir la possibilité d’élargir ses connaissances et ses horizons d’autant.
Il est toutefois incontestable que des craintes et des contraintes diverses et permanentes assiègent l’éducateur algérien et l’empêchent de se vouer qualitativement à sa profession.
La condition qui lui faite actuellement est passible de constituer une question nationale à elle seule. Elle doit d’ores et déjà faire l’objet d’un plan “ORSEC ” et aboutir à la définition et à la satisfaction liées à tous les aspects de l’activité de l’éducateur depuis son accès au stage de formation jusqu’à la protection des membres de sa famille lui survivant.
En définitive, la condition qui lui est faite actuellement engage entièrement l’éducateur algérien à repenser, redéfinir et réinvestir son activité syndicale, le sens qu’il s’en fait et les moyens qu’il se donne pour la réalisation de tous les objectifs qu’il a à se tracer.
La condition du personnel scolarisé
La préparation à la vie de citoyen se fait principalement à l’école. L’école est la cellule de base de la construction de l’état et de sa préservation. Elle est le lieu moderne de toutes les transmissions, de toutes les acquisitions et de leur organisation. Elle prépare à la vie autant qu’à la rencontre du monde qui nous inclue et de l’environnement au sein duquel nous évoluons. Partant de ce postulat, le SATEF considère que : • l’école publique doit être obligatoire et de qualité pour tous les enfants d’origine, nés ou résidents en Algérie sans distinction d’aucune sorte. • Le caractère obligatoire de l’école publique algérienne doit aller aussi loin que possible dans le cursus scolaire algérien. Du fait de ce caractère obligatoire même, l’accès à l’école publique algérienne doit être garanti à tous les enfants d’Algérie et doit être aussi proche que possible de la famille de l’enfant.
• Lorsqu’il n’est pas possible de rapprocher l’école de la famille, les conditions de pensionnat et de demi - pensionnat doivent être garanties et gratuites dans toute la mesure de l’indispensable et du possible. • Ces conditions doivent être à même de favoriser le plein épanouissement du pensionnaire. • Les apprenants dont les parents ne peuvent assurer le nécessaire pour une scolarité normale doivent bénéficier d’assistance et d’aides diverses sans nuire aux liens familiaux de l’enfant. • Comme l’école, l’enseignant doit être lui-même accessible à l’élève par les possibilités offertes au premier de personnaliser la communication par son attitude (l’écoute, l’évaluation permanente, etc.) et par la gestion de l’espace temps au sein de la classe (effectifs et horaires). En outre, un “syndrome de massification” menace l’apprenant qui fréquente l’école algérienne. L’élève a constamment le sentiment de “se perdre dans la foule” notamment à partir du lycée où les établissements sont démesurément surpeuplés. Ce phénomène est aux antipodes des objectifs de développement citoyen et humain de la personnalité de l’enfant et de sa socialisation que l’école publique algérienne gagnerait assurément à réaliser. Ceci étant, tous les moyens doivent être déployés et mis en œuvre pour éviter l’apathie qui est indissociable de la massification et pour développer l’assurance et la confiance que l’élève doit avoir en soi.
Ces moyens pourraient être regroupés en : sorties exploratoires, d’étude, d’enquête, etc. ; développement des aptitudes créatives, sportives et récréatives ; leur exercice ; diversification d’épancher ses craintes, ses appréhensions et ceux à même de satisfaire sa soif de savoir, de dire, de prouver et de se mesurer ; multiplication des occasions de se retrouver en groupes restreints, seul moyen de développer une saine vision des échanges et de la vie en groupe, d’établir des comparaisons indispensables aux opérations élaboratives effectuées par l’élève ; encouragement (pas obligation) des élèves à avoir, à constituer des liens et à réaliser des projets (non seulement scolastiques) en commun ; éveil de leur sensibilité à la solidarité et aux choses d’intérêt public et général (protection de la nature, etc.). Les associations et les personnes instituées (directeur, conseillers, etc.) peuvent jouer un rôle mais il reste que la suggestion amiable et la spontanéité ludique demeurent seuls garants de l’implication optimale des élèves, notamment dans l’état actuel des choses.
L'environnement scolaire
L’école doit cesser de fonctionner en fractions inconciliables. Les moyens de (ré installer la communion, la coopération et la solidarité doivent être (re) découverts et mis en œuvre. L’école doit vibrer de vie. Le syndicalisme (et la pratique syndicale) doit être offensif, vigoureux mais doit aussi y porter. L’interaction entre tous les membres de l’établissement et toutes les instances qui y siègent (comités d’élèves, syndicats, direction, gestionnaire, etc.) doit permettre à chacun(e) de s’affirmer et de tendre vers une meilleure gestion, une meilleure qualité de service, un meilleur rendement et de meilleures conditions et atmosphère de travail.
L’école doit aussi impliquer autant que faire se peut les parents d’apprenants dans tout ce qui la concerne.
L’école doit aussi cesser de fonctionner en vase clos. Elle doit prendre connaissance de l’environnement institutionnel à qui elle est redevable de résultats. Elle gagnera sans doute à travailler en interaction avec ces institutions qui, de toutes façons, agissent sur elle.
L’école publique algérienne doit établir des passerelles avec les institutions scolaires, parascolaires et socio – éducatives, qui la fournissent, qu’elle fournit ou avec lesquelles elle est en situation de compétition ou de complémentarité. Elle doit multiplier ses liens et les consolider avec la société civile qui gagnerait tout à la savoir bien portante et performante et qui constitue un vecteur important de sa socialisation.
L’école publique algérienne doit tenir compte de son environnement tant naturel, culturel que social général qui constitue sa raison naturelle d’existence. Elle doit aller à la rencontre de, et se permettre des échanges avec des institutions éducatives et scolaire du monde avec lesquelles elle partage beaucoup de choses dont la moindre n’est pas l’espérance qu’elles nourrissent et représentent au sein de leurs sociétés respectives ; avec lesquelles elle gagnerait beaucoup à explorer les moyens de s’affirmer, de s’améliorer, en vertus humaines et universelles ; avec lesquelles elle gagnerait beaucoup à échanger des expériences et à tisser des amitiés.
Conclusion
L’école publique algérienne doit être le lieu des transmissions des valeurs d’un Etat de droit sur qui repose
la République démocratique et sociale dont elle développe et forme sans aucune forme de ségrégation les citoyens.
Elle doit participer au développement social et humain dans tous les domaines, y compris économiques, d’une façon active, efficace et performante.
Elle doit être accessible et de qualité pour tous les enfants vivant en Algérie. Elle ne doit rien céder, ni au dogmatisme réducteur, ni au hasard.
Elle doit disposer de tous les moyens dont l’Etat a la charge pour l’accomplissement optimal de sa mission et l’amélioration permanente de celle-ci.
Elle doit être humaine, accueillante et tolérante.
Elle doit être viable et crédible.
Elle doit être à l’écoute de son environnement dans toutes ses dimensions et agir sur lui dans une interaction quotidienne et bénéfique.
Le SATEF fait sien le présent projet éducatif et s’engage à l’enrichir, à le faire connaître, à le promouvoir et à le défendre devant toutes les institutions concernées, seul si nécessaire, solidairement et en partenariat chaque fois que faire se peut.



Dernière modification le 04-05-2009 à 19:11:13
H.Boumedjane

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