projet social du SATEF

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Syndicat Autonome des Travailleurs de l’Education et de la Formation
Section Régionale de Béjaïa

Projet Social


Introduction
L’expérience du terrain a démontré que :
1. Pour défendre efficacement les intérêts de ses affilies,
2. Pour participer activement à l’émergence d’une alternative syndicale autonome,
3. Pour parvenir à installer l’institution et l’école dans la fonction naturelle de formation de la personne humaine et du (de la) citoyen (ne) accompli(e) de demain,
Le SATEF doit se doter de moyens :
1. D’agir et d’intervenir en véritable organisation sociale ouverte sur le monde du travail
2. D’être à l’écoute et en phase avec les aspirations de société dont l’éducation est un secteur indissociable.
3. D’influer positivement pour le développement de la collectivité humaine
4. De s’ouvrir sur les réalités du monde et sur l’évolution universelle.
Ces moyens sont des objectifs que se donne le SATEF et que regroupe le présent projet social. Ce projet, loin d’avoir pour objet la prise du pouvoir, a la vocation et pour seule ambition de redoubler la qualification du SATEF à honorer son rôle d’acteur social capable d’influer optimalement et positivement sur la transformation de la société et de l’Etat.
Dans son projet social de changement, le SATEF développe une stratégie à quatre directions :
- la participation active aux luttes pour la démocratie
- le partenariat permanent ou conjoncturel avec les organisations autonomes de la société qui partagent les mêmes valeurs et principes
- une action pédagogique permanente envers la société en vue de la conquête et du plein exercice de la citoyenneté
- Une revendication permanente pour la refonte du système éducatif en vue d’en faire le moteur de la transformation de société et de l’Etat.
Fondements et préalables
1. La démocratie est à la base de toute transformation sociale pacifique et viable.
2. La citoyenneté, librement et pleinement exercée, constitue le meilleur gage d’un changement social positif.
3. L’Etat de droit est un préalable à une évolution autonome de la société.
4. La conquête et l’exercice des libertés individuelles et collectives dont les libertés d’opinions, d’expression, de réunion et de manifestation publique pacifique, constituent des préalables pour l’évolution pacifique de la société vers le bien-être et le progrès.
5. Les travailleurs sont et doivent être les précurseurs du changement. A ce titre, les libertés syndicales et le pluralisme syndical, pleinement conquis et exercés, constituent la clé de voûte de l’émancipation sociale.
6. La vulgarisation et le respect des droits de la personne humaine constituent une garantie pour la protection de la dignité de chacun et la sauvegarde ainsi que l’amélioration de la vie communautaire pour tous.
7. L’égalité des chances et la justice sociale sont des facteurs déterminants de la réussite individuelle et collective et, partant, du progrès durable.
8. La solidarité est une valeur collective inestimable. Sa promotion et son élargissement sont à même de renforcer la cohésion et la paix sociale.
9. La promotion de la culture de la paix, du respect des différences et de la tolérance constituent une priorité dans l’Algérie d’aujourd’hui pour juguler la violence, panser les blessures et en atténuer les séquelles psychologiques qui hypothèquent l’avenir tant de l’individu que de la collectivité.
10. La diversité culturelle est une des richesses de l’Algérie. La reconnaissance et la promotion de toutes les langues maternelles et la promotion de la culture algérienne constituent le meilleur gage pour la cohésion sociale et l’unité du pays.
11. L’ouverture sur les langues étrangères et sur la culture universelle.
12. L’économie doit être mise au service du développement social humain. Dans cet ordre d’idées, la mondialisation doit prendre en charge la dimension humaine et sociale.
PETROSPECTIVE
En deux siècles, la société algérienne a subi des mutations profondes qui l’ont touché dans ses fondements même.
La société d’antan, de structure dans une large mesure horizontale, à caractère communautaire égalitaire dont la cellule de base est la famille élargie, d’économie essentiellement agricole et pastorale et à propriété collective, de culture largement orale, a vu d’abord le déferlement d’une colonisation militaire et peuplement la spolier, lui imposer des institutions arbitraires, une hiérarchie sociale déshumanisante et un mode de vie misérable puis lui livrer l’une des guerres pour l’indépendance les plus traumatisantes.
Accédée à l’indépendance au bout de plus d’un siècle d’hégémonie génocidaire, elle était en droit d’attendre de l’Etat national, avec ses institutions et sa structuration verticale adoptée, qu’il aille dans le sens de :
- Elaborer l’identité officielle de l’état en se fondant sur l’ensemble des constituants identitaires enracinés dans la mémoire collective algérienne sans exclusion.
- Instaurer un état qui permette à la société de dépasser ses traumatismes autant que son attachement défensif à ceux archaïques parmi ses repères d’identification, en réalisant une réelle réappropriation de ses valeurs sûres, de ses règles de fonctionnements et d’autorégulation performantes et de ses ressources.
- Projeter des visions et des chantiers, mettre en place des institutions qui répondent tant aux principes de la participation à l’édification de l’Etat et d’un idéal national après avoir édifié la patrie, mettre tout en œuvre pour un fonctionnement optimal et normal des institutions dont l’école, préparer la société à satisfaire aux besoins modernes, à acquérir les attributs de l’état d’évolution actuelle de l’humanité et à s’inscrire dans le registre des sociétés libres et de l’universalité.
La réalité et qu’à l’indépendance, les concepteurs de la structure de l’Etat, s’érigeant en maître détenant l’exclusivité de la maturité, de la puissance et du avoir, ont reconduit la voie de la destruction et de là aliénation de la société dans les secteurs :
- Politique :en niant au peuple algérien sa maturité à prendre en charge sa destinée, à avoir et à exprimer la diversité de se opinions, à participer aux décisions, à contrôler leur mise en application et à contester leur dysfonctionnement. En lui imposant un modèle de gouvernance autoritaire, dirigiste et bureaucratique.
- Économique :en centralisant la gestion, en monopolisant les leviers et le moyen de production, de consommation et financement, en écartant toute possibilité d’évaluation et de contrôle institutionnel et / ou citoyen, en optant pour une économie volontariste, sourcilleuse et soucieuse quant au prestige de la caste dirigeante et portée sur les équilibres macro-économique usités comme alibi pour étouffer toute velléité de contestation, en ignorant tout développement humain et toute croissance générale durable.
- Social :en empêchant toute organisation autonome de la société en vue de son émancipation, de sa participation à la décision et à la gestion et de l’auto-prise en charge qui se posent à elle avec acuité en s’accumulant et en s’aggravant, en installant le citoyen dans un rapport d’assistant-assisté plus orienté vers la passivité que porté vers la régulation, l’accompagnement et la facilitation de l’évolution des ressources humaines et sociales.
- Culturel :en niant toute diversité, toute pluralité, toute singularité et toute utilité du patrimoine populaire antérieur et en lui imposant une langue unique, un modèle de pensée unique et un monopole total sur les moyens de productions et de diffusion de la culture et de savoir.
Même lorsque les événements internes et les évolutions externes ont imposé une certaine modernisation de l’Etat, les décideurs s’ont vite adaptés en s’accaparant par la force et par la fraude les pouvoirs législatif et exécutif, en s’assujettissant l’administration et le pouvoir judiciaire érigé du appareil de coercition, en se justifiant par le les données du couple infernal que constituent les retombée d’une politique ultra-libérale émanant de la mondialisation mise en marche à pas forcés par le FMI et d’un terrorisme généralisé, permanent et visqueux, perpétuant ainsi une vieille tradition de musellement et d’aliénation installée par le colonialisme et entériné par le régime totalitaire depuis l’indépendance, prompt à pousser la société dan la catastrophe et l’horreur absolues pour se maintenir.
NECESSITE D’ALLER VERS UNE SOCIETE DYNAMIQUE
Le passif est lourd ! les défis sont nombreux !
Convaincu que la société se doit de se réapproprier le contrôle de sa destinée, de se donner d’ores et déjà les moyens de son émancipation, de son évolution et de son développement, de sécréter elle-même les énergies et le moyens d’imposer pacifiquement et solidairement la refonte de l’état pour le restituer à la nation et la patrie et le mettre en conformité avec les aspiration sociales et populaires
Considérant que le plein exercice de la citoyenneté se pose aujourd’hui au centre de la problématique de l’organisation autonome de la société et de son émancipation et que, à ce titre, les partis politique, les syndicats, les associations, l’école et les médias doivent jouer ce rôle de précurseurs dans la conquête des instruments et attributs de la citoyenneté et de la vulgarisation de la pratique citoyenne
Le SATEF dont la disponibilité à joindre ses efforts à tous ceux dont l’œuvre agissante et pacifique va dans le même sen que le sien est entière, réaffirme son engagement à continuer d’agir sur tous les plans en vue de la démocratisation de l’Etat et de la société dont il est censé être l’émanation et l’émancipation de cette dernière.
Le SATEF se propose d’œuvrer pour la réalisation et la consolidation de :
LA DEMOCRATIE
Le SATEF réaffirme sa participation aux luttes pour la démocratie sur les plans :
1. POLITIQUE :
L’exercice de la citoyenneté dans sa plénitude, dans un État et une société de droit consacré par une constitution qui se fonde sur la réalité de l’algérianité, sur les droits et libertés individuelles et collectives ainsi que sur l’égalité de tous(tes) devant la loi, sur la séparation des pouvoirs et sur des institutions élues et/ou légitimes n’est pas un caprice ni un vœu pieux. Il constitue la seule structuration capable d’assurer la paix et la cohésion sociale. Dans cet ordre d’idées, il est d’une urgence absolue de restaurer la paix civile.
2- ECONOMIQUE :
Le modèle économique algérien doit être structuré ou évoluer vers un modèle d’économie productive et sociale de marché.
Elle doit s’articuler autour de la libre entreprise, de la croissance, de la régulation et de l’arbitrage de l’état, du développement humain et de la protection des ressources stratégiques, non-renouvelables, du patrimoine et de l’environnement.
Le droit de regard et de contrôle doit être consacré et encouragé qu’il vienne à être exercé par des organismes institutionnalisés et compétents ou des acteurs sociaux.
Elle doit pouvoir s’ériger comme un rempart solide et judicieux contre les effets néfastes de la mondialisation et la perversité.
3. SOCIAL :
Le processus de déstructuration et de dislocation de la société doit impérativement faire marche arrière. Il est indispensable et urgent de mettre un terme à l’alternative catastrophe-massification qu’offre l’autoritarisme et la mondialisation, qui la menace dans son existence et qui, en tout cas, fausse toutes les perspectives d’évolution, d’émancipation et de participation à l’universalité.
La violence totale à laquelle la société est soumise autant que la mondialisation effrénée qui la guette appelle à la mobilisation de toutes les énergies pour les juguler.
Dans cette optique, il et clair que les luttes sociales pacifiques sont tenues d’être encouragées et résolues, de s’intensifier et de se radicaliser en prenant en compte chaque domaine, chaque dimension et chaque aspect de la vie sociale. A ce titre, la solidarité est, plus qu’un mot d’ordre, un mode d’action privilégié.
L’État est, pour sa part, tenu de s’investir concrètement et sans relâche dans le champ social en ce qui concerne l’insertion et la protection des ressources sociales, des couches minorées et défavorisées, la prévention, la régulation, la libération inconditionnelle des champs d’organisation, d’association, d’information, et l’institution d’organismes de contrôle ouverts aux acteurs sociaux.
4. CULTUREL
Dire que l’Algérie et pays de pluralité est un pléonasme. Dire que le patrimoine culturel, civilisationnel et naturel est riche est un euphémisme. Imposer une unicité artificielle en matière de repères identitaires et d’appartenance est un attentat à l’humanité. livrer le patrimoine à la folklorisation, au brigandage, au braconnage et à l’abandon est un acte de sabotage de portée très profonde
La culture algérienne, dans sa pluralité identitaire, communautaire, spirituelle et linguistique et qu’il s’agisse des aspects liés au patrimoine sous toutes ses formes, aux modes de vie, à la création dans tous les domaines doit être vécue dans la dignité, la sérénité et le partage.
Elle doit être reconnue dans les faits comme un droit constitutionnel inaliénable et se refléter dans une société démocratique et citoyenne.
Elle doit être intégrée comme un bien public que l’Etat se chargera de protéger sans à priori ni parti pris arbitraire.
Elle doit être comprise comme un élément indispensable à l’épanouissement individuel et collectif et au rayonnement culturel du pays.
Elle doit rejoindre comme un puissant levier la politique économique (artisanat, arts, culture vivrière, petite industrie).
Elle doit disposer de toutes les institutions et de tous les moyens adéquats requis pour son développement et sa promotion.
C’est seulement en allant de soi que l’on peut aller à l’autre. Et c’est seulement en s’assurant de la vitalité de sa culture que la société algérienne peut en toute aisance et en tout honneur explorer les possibilités de l’universalité et s’y inscrire.
LE PARTENARIAT
Le partenariat est, pour le SATEF, un ensemble d’actions à mener en vue de la réalisation de ses objectifs, dans le respect de ses valeurs, principes et préalables, véhiculant les vertus de solidarité, de partage, d’échange et d’universalité.
Il est le talon qui permet de mesurer la crédibilité et l’efficacité du syndicat entant qu’acteur social. ça l’est de même pour évaluer l’avancée de ses visions sur le terrain social.
De plus il est une garantie de croissance des acquis démocratiques, économiques, sociaux et culturels ainsi que d’une meilleure défense des droits.
De même, il permet d’inscrire les acquis au compte de la société en renforçant la cohésion, la solidarité et le caractère pacifique de celle-ci.
D’être au fait et de participer activement aux mouvements d’évolution exra-nationaux pour le développement humain, pour la paix et pour l’émancipation ainsi que pour l’opposition aux autoritarismes et à la mondialisation. Tout ce qui va dans le même sens que ce qui précède est favorable à l’adhésion du SATEF.
Il peut être conjoncturel ou durable
Il peut être avec la société civile algérienne ou avec les ONG.
L’ACTION PEDAGOGIQUE ENVERS LA SOCIETE :
L’action pédagogique doit revêtir un caractère percutant. Elle peut être déclenchée à tous les niveaux du syndicat. Elle concerne tous les aspects liés à une vie sociale saine et dynamique.
Elle est orientée à plus d’émancipation, à l’amélioration du cadre de vie, à l’information et à la sensibilisation, à la défense des intérêts bien compris de la société et de ses membres, à l’exercice quotidien des droits et des devoirs liées à la citoyenneté.
Elle est encouragement à l’initiative, exhortation au contrôle et à la prise de conscience de la chose publique et revivification maximale des pratiques de solidarité.
REFONDATION DE L’ECOLE
Le compagnon de celui, Larbi Ben-M’Hidi, qui s’est écrié «jetez la révolution dans la rue, le peuple s’en chargera, devenu président de l’Etat Mohamed Boudiaf a résumé en quatre mots la situation actuelle de l’école algérienne en disant : « l’école est sinistrée ».
En effet, l’école algérienne est sinistrée et elle est en passe de s'avérer sinistre : Inadéquate, aliénante, étroite dans ses infrastructures autant que dans les visions qui en sont faites, régressive au vu des préoccupations actuelles des écoles dans le monde et, pour finir, brûlée, ensanglantée et fuie.
Le drame de l’école algérienne serait supportable si elle n’était pas chargée de servir de passage de l’enfance à l’âge adulte, sensé être l’âge de la maturité. De ce fait, il est indispensable de :
• Mettre à nu le sinistre de l’école, ses causes, ses effets et le combattre en toute conscience.
• Surveiller toute éventuelle évolution avec une attention accrue.
• Ne perdre aucune occasion d’améliorer son vécu et d’avancer des propositions allant dans le sens d’une certaine viabilité.
• Ne cesser de former, d’informer et de sensibiliser autour du rôle de l’école dans ses aspects liés à l’éducation, à la pédagogie ainsi que dans les rapports qu’elle entretient ou doit entretenir avec l’environnement social et institutionnel.
• Concevoir un idéal éducatif et mettre au point un projet éducatif et pédagogique à revendiquer.
Disposition finale
Partager un idéal est plus dur à réaliser que partager les souffrances. Activer entant que syndicat de profession et en tant qu’acteur social doit signifier une présence de tous les instants sur le terrain. Cette présence doit impliquer l’attachement constant du SATEF à son idéal, ses valeurs et principes comme il doit aussi impliquer de sa part le souci constant d’améliorer le cadre de travail et de vie.
Cette démarche à options est apte à entretenir une dynamique interne faite de vivacité, de partage et d’audace. Elle est apte à faire du SATEF un espace d’expression, de surpassement et de solidarité. Ne dit-on pas que celui qui peut le plus peut le moins ?
H.Boumedjane

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